Charte de protection des enfants et des adolescents
Engagement fondamental : MAJEE entend offrir un environnement où chaque enfant et adolescent est respecté, écouté et protégé contre les abus, l'exploitation, la violence, la négligence et tout traitement humiliant.
Préambule
MAJEE mène des activités de formation, d'accompagnement holistique, de coaching, de leadership, d'éducation et d'engagement citoyen auprès des jeunes. La sécurité et la dignité des participants sont des conditions essentielles de ces activités.
La présente charte s'applique aux activités en présentiel et à distance, aux formations, séances de coaching, clubs, événements, déplacements, communications numériques, publications et partenariats. Elle s'inspire notamment de la Convention relative aux droits de l'enfant et du droit applicable au Cameroun. Aucun passage ne peut justifier de dissimuler une infraction ou d'empêcher la protection d'un enfant.
Article 1 : Objectifs
- Prévenir les violences, abus, exploitations, harcèlements, négligences et traitements dégradants.
- Définir les comportements attendus de toute personne associée à MAJEE.
- Permettre aux enfants et adolescents de demander de l'aide en sécurité.
- Organiser le signalement, l'évaluation initiale, l'orientation et le suivi des préoccupations.
- Protéger la vie privée et les données personnelles des jeunes.
Article 2 : Champ d'application
La charte s'applique aux responsables, salariés, bénévoles, consultants, formateurs, coachs, stagiaires, Jeunes Ambassadeurs Holistiques, partenaires, prestataires, photographes et invités participant à une activité MAJEE. Elle couvre les activités organisées dans les écoles, lieux communautaires, locaux privés autorisés et plateformes numériques.
Les partenaires et prestataires doivent accepter cette charte ou appliquer des règles de protection équivalentes. Les règles plus protectrices prévues par le droit ou par un établissement partenaire doivent être respectées.
Article 3 : Définitions
Enfant : toute personne de moins de 18 ans, conformément à la Convention relative aux droits de l'enfant, sous réserve du droit applicable.
Préoccupation de protection : observation, révélation ou suspicion raisonnable indiquant qu'un enfant pourrait être en danger ou avoir subi un préjudice.
Responsable de la protection : personne désignée par MAJEE pour recevoir les préoccupations et coordonner les mesures de protection.
Article 4 : Principes directeurs
- Intérêt supérieur de l'enfant et priorité à sa sécurité.
- Tolérance zéro à l'égard des abus, de l'exploitation, du harcèlement et des représailles.
- Non-discrimination, respect de la dignité, inclusion et accessibilité.
- Écoute de l'enfant dans un langage adapté à son âge et à sa maturité.
- Confidentialité responsable : les informations sont partagées uniquement avec les personnes qui doivent agir ou lorsque la loi l'exige.
- Prévention, responsabilité et principe de ne pas nuire.
- Un coach ou un jeune ambassadeur ne remplace pas les professionnels spécialisés ni les autorités compétentes.
Article 5 : Engagements de MAJEE
- Désigner un Responsable de la protection et un remplaçant, et communiquer leurs coordonnées.
- Évaluer les risques avant les activités, déplacements, séances individuelles et activités en ligne.
- Former les intervenants à la prévention, à l'écoute et au signalement.
- Mettre à disposition des canaux de signalement accessibles et confidentiels.
- Prendre rapidement des mesures de sécurité et orienter vers les services compétents.
- Limiter l'accès aux dossiers de protection aux seules personnes autorisées.
- Traiter les signalements avec sérieux, impartialité et sans représailles.
- Réviser régulièrement les pratiques et corriger les risques identifiés.
Article 6 : Comportements attendus
- Traiter chaque enfant avec respect, patience et équité.
- Utiliser un langage approprié, non humiliant et encourageant.
- Respecter les limites professionnelles et personnelles.
- Privilégier les lieux autorisés, visibles et les échanges traçables.
- Obtenir les autorisations nécessaires et expliquer les activités aux jeunes.
- Signaler rapidement toute préoccupation et demander conseil en cas de doute.
- Respecter les règles relatives aux images, aux communications numériques et aux données personnelles.
Article 7 : Comportements interdits
- Frapper, secouer, menacer, intimider, insulter, humilier ou discriminer un enfant.
- Tout contact sexuel avec un enfant, toute sollicitation sexuelle ou tout propos sexualisé.
- Demander, produire, conserver ou partager des images intimes ou sexualisées d'un mineur.
- Exploiter un enfant, lui soutirer de l'argent ou obtenir des avantages personnels par pression ou manipulation.
- Établir une relation secrète, exclusive ou manipulatrice avec un enfant, ou lui demander de cacher une rencontre ou des messages.
- Rencontrer un enfant dans un lieu isolé ou l'héberger sans nécessité légitime, autorisation et mesures de protection appropriées.
- Transporter un enfant sans autorisation ni respect des règles de sécurité établies.
- Enquêter soi-même sur un abus présumé, confronter l'auteur présumé ou obliger l'enfant à raconter plusieurs fois son vécu.
- Promettre un secret absolu lorsqu'un enfant révèle une situation de danger.
- Menacer ou désavantager une personne qui signale de bonne foi une préoccupation.
Cette liste n'est pas exhaustive. Tout comportement contraire à la sécurité, à la dignité ou à l'intérêt supérieur d'un enfant peut entraîner une mesure de protection.
Article 8 : Coaching et séances individuelles
Les séances avec un mineur doivent être organisées dans un cadre approuvé, avec information et autorisation du parent ou représentant légal lorsque cela est requis. Le jeune doit comprendre l'objet et les limites de la séance. Les rencontres doivent se tenir dans un lieu sûr, approprié et, autant que possible, visible ou accessible à un autre adulte autorisé. Le coach ne pose pas de diagnostic médical ou psychologique s'il n'est pas qualifié et autorisé à le faire. Il ne remplace pas un professionnel de santé, un psychologue, un travailleur social ou une autorité de protection. Il oriente les situations qui dépassent son champ de compétence. En cas de risque immédiat, la sécurité prime sur la poursuite de la séance.
Article 9 : Rôle des Jeunes Ambassadeurs
Les Jeunes Ambassadeurs Holistiques sont des relais positifs auprès de leurs pairs. Ils ne sont ni enquêteurs, ni thérapeutes, ni responsables de la protection. Ils peuvent écouter, encourager, sensibiliser et orienter vers le Coach Référent.
Ils ne doivent pas enquêter, confronter une personne mise en cause, garder seuls une information de danger, promettre le secret absolu, gérer une crise seuls ni partager des confidences ou captures d'écran.
Protocole : ÉCOUTER → RASSURER SANS PROMETTRE LE SECRET → ALERTER LE COACH RÉFÉRENT → ORIENTER SELON LE PROTOCOLE. Le Coach Référent reste responsable de la supervision et de l'activation des procédures adaptées.
Article 10 : Activités, événements et déplacements
Avant chaque activité, l'organisateur évalue les risques, définit les responsabilités, vérifie les autorisations nécessaires et prévoit une supervision suffisante. Selon le contexte, il établit la liste des participants et les contacts d'urgence nécessaires, définit les modalités de transport et de remise de l'enfant, vérifie l'accessibilité des lieux et prépare la gestion des incidents.
Aucun enfant ne doit être forcé à participer à une activité qui le met en danger, l'humilie ou porte atteinte à sa dignité.
Article 11 : Protection en ligne
- Utiliser autant que possible les comptes, plateformes et groupes officiels de MAJEE.
- Éviter les conversations privées non nécessaires avec un mineur et ne jamais demander de photos intimes.
- Ne pas publier la localisation en temps réel, l'adresse, l'emploi du temps ou les coordonnées privées d'un enfant.
- Ne pas enregistrer ou diffuser une séance, une conversation ou une image sans base valable et autorisations nécessaires.
- Modérer les groupes et retirer les contenus humiliants, menaçants, discriminatoires ou sexualisés.
- Signaler le cyberharcèlement, le chantage, les sollicitations suspectes ou la diffusion non autorisée d'images.
Article 12 : Photographies, vidéos et témoignages
La participation à une activité ne vaut pas automatiquement autorisation de publier une image ou un témoignage. Avant toute publication identifiable, MAJEE précise la finalité et les supports, vérifie les autorisations nécessaires du parent ou représentant légal et, selon l'âge et la compréhension, l'accord du jeune.
Aucune image ne doit être humiliante, stigmatisante, sexualisée ou révéler des informations sensibles. Les témoignages doivent être authentiques et volontaires ; aucun jeune ne doit être poussé à raconter publiquement une expérience traumatique pour promouvoir MAJEE. Les demandes de retrait sont examinées au regard du droit applicable.
Article 13 : Confidentialité et données personnelles
Les informations relatives aux enfants ne sont accessibles qu'aux personnes autorisées qui en ont besoin. Elles ne doivent pas être partagées dans des groupes informels ou sur des comptes personnels. Les dossiers de protection sont conservés dans un espace sécurisé, séparément des documents de communication. Seules les informations pertinentes, factuelles et nécessaires sont consignées.
Le traitement des données doit respecter la politique de confidentialité de MAJEE et le droit camerounais applicable, notamment la législation relative à la protection des données à caractère personnel. La confidentialité ne peut faire obstacle à une mesure nécessaire pour protéger un enfant ou à une obligation légale.
Article 14 : Signalement d'une préoccupation
Toute personne qui observe, reçoit ou soupçonne raisonnablement une situation de danger doit la signaler rapidement. Il n'est pas nécessaire de prouver les faits avant de signaler de bonne foi.
Responsable de la protection : Surintendant du MAJEE · Téléphone : +237 675 81 74 61 · E-mail :
Remplaçant : Coach Mafomene Nidele · Téléphone : +237 676 78 56 17 · E-mail : [email protected].
Si la personne mise en cause est le Responsable de la protection, le signalement est adressé au remplaçant ou à l'autorité compétente. En cas de danger immédiat, il ne faut pas attendre une réponse interne : mettre l'enfant en sécurité et contacter les services d'urgence ou autorités compétentes selon les procédures locales.
Lorsqu'un enfant parle : rester calme ; écouter sans jugement ; le remercier ; ne pas promettre le secret absolu ; ne pas poser de questions suggestives ni mener d'enquête ; noter fidèlement les informations nécessaires ; transmettre rapidement le signalement ; ne pas confronter la personne mise en cause ni diffuser l'information.
Article 15 : Niveaux de risque et réponse
ROUGE : Danger immédiat ou grave : violence imminente, abus sexuel présumé, blessure importante, menace sérieuse, risque suicidaire imminent ou enfant introuvable dans des circonstances inquiétantes. Protéger sans délai et contacter les services d'urgence ou autorités compétentes.
ORANGE : Préoccupation sérieuse sans danger immédiat identifié : violences rapportées, exploitation présumée, cyberharcèlement grave ou détresse importante. Informer rapidement le Responsable de la protection, évaluer la sécurité et organiser l'orientation appropriée.
VERT : Besoin de soutien sans indice actuel de danger : difficulté scolaire ou relationnelle. Écouter, soutenir dans les limites du rôle et réévaluer si de nouveaux éléments apparaissent.
Cette classification est un outil interne et ne doit jamais retarder une démarche exigée par la loi. Les obligations légales et les procédures locales prévalent.
Article 16 : Documentation et suivi
Le dossier de signalement indique, dans la mesure nécessaire : date et canal de réception, faits observés ou propos rapportés, mesures immédiates, personnes ou services contactés, décisions et suivi. Il distingue les faits des interprétations et reste accessible uniquement aux personnes autorisées. MAJEE ne mène pas d'enquête criminelle et ne cherche pas à établir seule la culpabilité d'une personne.
Article 17 : Absence de représailles
Aucune personne ne doit être menacée, intimidée, exclue ou désavantagée pour avoir signalé de bonne foi une préoccupation. Une préoccupation non confirmée ne constitue pas, à elle seule, un signalement abusif. Tout indice de représailles est traité comme une nouvelle préoccupation.
Article 18 : Sélection et formation des intervenants
Avant d'affecter une personne à une activité impliquant des enfants, MAJEE applique des vérifications proportionnées au rôle et permises par le droit applicable : identité, références, expérience, qualifications et, lorsque légalement possible et approprié, vérifications requises. Toute personne doit lire et signer la charte, suivre une sensibilisation à la protection et connaître les canaux de signalement. La sélection ne remplace pas la supervision continue.
Article 19 : Mesures en cas de manquement
Selon la gravité et les circonstances, MAJEE peut prendre des mesures immédiates de protection, suspendre une personne de toute activité avec des mineurs, limiter ses accès, mettre fin à une collaboration, engager une procédure interne et/ou transmettre la situation aux autorités compétentes lorsque cela est requis. La sécurité de l'enfant ne doit pas être subordonnée à la réputation de MAJEE ou à la position hiérarchique d'une personne.
Article 20 : Responsabilités
- Direction de MAJEE : adopte la charte, fournit les moyens et désigne les responsables.
- Responsable de la protection : reçoit les signalements, coordonne l'évaluation initiale et les orientations, sécurise les dossiers.
- Formateurs et coachs : appliquent les règles, supervisent les activités et signalent les préoccupations.
- Parents ou représentants légaux : collaborent dans l'intérêt de l'enfant, sauf si leur implication risque de le mettre en danger.
- Partenaires et prestataires : appliquent la charte ou des règles équivalentes.
- Jeunes Ambassadeurs : écoutent, orientent et alertent le Coach Référent ; ils ne gèrent pas seuls les situations graves.
- Enfants et adolescents : sont encouragés à demander de l'aide, sans être rendus responsables de leur propre protection.
Article 21 : Information et révision
La charte est communiquée dans un langage accessible aux intervenants, parents et jeunes. MAJEE organise des sensibilisations périodiques et vérifie que les canaux de signalement sont connus. La charte est révisée au moins tous les deux ans et après tout incident majeur ou changement important des activités ou du droit applicable.
Article 22 : Adoption
La charte entre en vigueur à la date de son adoption par l'organe compétent de MAJEE. Elle doit être accompagnée de procédures opérationnelles précisant les contacts, les services locaux de référencement et la conduite à tenir en cas d'urgence.
Adoptée à : Bandja, Cameroun, le 15 juillet 2026, par Seuhou Idriss Landry, Surintendant de MAJEE.
Annexes 1 et 2 : Engagement individuel et fiche de signalement
Le formulaire d'engagement individuel, signé par chaque intervenant, et la fiche minimale de signalement sont des documents internes. Ils sont remis par MAJEE sur demande à [email protected].
Annexe 3 : Protocole mémorisable pour les Jeunes Ambassadeurs
- ÉCOUTER avec calme et sans jugement.
- RASSURER le jeune et le remercier d'avoir parlé, sans promettre le secret absolu.
- NE PAS ENQUÊTER et ne pas confronter la personne mise en cause.
- ALERTER le Coach Référent ou le canal de protection prévu.
- ORIENTER vers les adultes et services compétents selon les procédures.
- NE PAS DIFFUSER les confidences, images ou captures d'écran.
Annexe 4 : Références de principe
La charte s'appuie notamment sur la Convention relative aux droits de l'enfant, la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant et le droit camerounais applicable à la protection de l'enfant, aux violences et infractions contre les personnes, à la protection des données personnelles et aux communications électroniques.
